RIDERS OF JUSTICE, d'Anders Thomas Jensen

Film
Bien
Très bien
Un Must
O.V.N.I.

Le pitch

Markus, un homme taciturne et violent, met son expertise militaire au service d’une vengeance personnelle, assisté dans cette croisade par une bande de pieds nickelés. On rit, on pleure, on hallucine. Totalement inclassable. Interdit aux -12 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Parce qu’il n’est pas si courant d’être surpris par un film qui n’est jamais là où on l’attend. Car le thème du deuil y est abordé sur un ton humoristique et noir parfaitement décalé. Parce que les acteurs sont incroyables, notamment Mads Mikkelsen dans un registre très sombre, qui signe ici sa 5ème collaboration avec le réalisateur. Amateurs des frères Coen et de Guy Ritchie (période anglaise), ce film est pour vous !

LE SENS DE LA VIE. Riders of Justice est un film atypique qui s’apparente à une tragi-comédie ponctuée d’éclairs de violence. Mais derrière l’absurdité et la cocasserie de certaines répliques et situations se dessine un drame qui questionne le sens de la vie. Pourquoi certains destins sont-ils foudroyés par des événements dramatiques imprévisibles ? Comment peut-on survivre à l’après ? Est-il possible de se reconstruire ? Ce film trouve le juste équilibre entre questionnement existentiel, nihilisme et comédie noire pour proposer une vision tout à fait singulière où l’émotion est préservée. Exercice périlleux mais très réussi au final.

BIENVENUE EN ABSURDIE. Tout commence dans une atmosphère de conte de Noël par un simple vol de vélo, puis un licenciement, une panne de voiture, un accident de train… Coïncidences ou liens de causalité ? Toute personne lambda pencherait pour la première solution. Mais aux yeux de certains (heureusement rares) maniaques de statistiques, obsédés d’algorithmes, par ailleurs asociaux et excentriques, tout événement doit pouvoir s’expliquer. En voulant trouver une logique à une succession de faits apparemment sans liens les uns avec les autres, nos lascars vont bouleverser la vie de pas mal de monde, y compris celle de Markus, soldat endeuillé et dépressif en quête de rédemption, et de sa fille adolescente.

UNE GALERIE DE PERSONNAGES SAVOUREUX. Le récit fonctionne car la bande de bras cassés complotistes qui mène l’action est parfaitement constituée. Boiteux, diminués, brisés par la vie, nos compères sont touchants d’humanité au point de susciter une belle empathie au-delà de leur excentricité. Mads Mikkelsen, quasi méconnaissable, joue sur un registre tragique à 100%, un rôle de père intransigeant qui perd de vue l’essentiel en se laissant consumer par la violence et l’esprit de vengeance. Ce cheminement tragique du deuil contraste de manière saisissante avec les scènes hilarantes qui ponctuent le récit. Un dosage périlleux mais réussi qui rend cet ovni tout à fait réjouissant.

 

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La fiche

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Peu connu dans nos contrées, Anders Thomas Jensen est considéré au Danemark comme l’un des scénaristes les plus talentueux du pays. Il a signé en tant que réalisateur des comédies noires singulières et savoureuses (Adam’s Apple et, plus récemment, Men & Chicken). Il s’est aussi et surtout fait (re)connaître en signant des scénarios à succès (parmi les plus récentes La Duchesse, avec Keira Knightley).

Je vous recommanderais pour ma part deux films réalisés par Susanne Bier :

  • Brothers (2006). Avec Connie Nielsen, Ulrich Thomsen, Nikolaj Lie Kaas
  • After the wedding (2007). Avec Mads Mikkelsen, Sidse Babett Knudsen, Rolf Lassgård.

À découvrir ailleurs, dans la même ambiance

Le cinéma des frères Coen et notamment Fargo (1996) ou The Big Lebowski (1998). Avec Jeff Bridges, John Goodman, Steve Buscemi, Julianne Moore, John Turtuto. Culte.

Le Guy Ritchie d’Arnaques, crimes et Botanique (Lock, Stock and Two Smoking Barrels, 1998). Avec Jason Statham (pré-blockbusters), Vinnie Jones, Jason Flemyng, Nick Moran.