THE NICE GUYS, de Shane Black

Film
Bien
Très bien
Un Must
Sea, sex and fun

Le pitch

Hollywood dans les années 70. La disparition d’une jeune femme impose à deux loosers mal assortis (un détective privé et un homme de main) de collaborer pour tenter de la retrouver. Une comédie policière violente, à l’humour noir et grinçant. Fun, nostalgique, énergique et désinvolte.

Pourquoi je vous le conseille ?

Car je suis fan des comédies policières à l’humour acide de Shane Black, scénariste aux succès colossaux (L’Arme Fatale, Le Dernier Samaritain, Last Action Hero…) devenu réalisateur irrévérencieux avec plus ou moins de réussite. Parce que c’est un spécialiste de buddy movies, efficaces à défaut de faire dans la dentelle. Car Russel Crowe et Ryan Gosling y sont savoureux dans leurs styles caricaturalement opposés. Car même si on y retrouve toutes les grandes thématiques de Black, sans grandes surprises, le fun est bel et bien là. Pour la fantaisie, l’irrévérence, la Californie des années 70, la nostalgie parodique qui file la pêche. (Avec toutefois des scènes violentes, à éviter pour les moins de 10 ans).

TRIO DE CHOC. Shane Black sait assembler comme personne des duos qui clashent. L’Arme Fatale (qui a quasiment inventé le concept en 1987) ou Kiss Kiss Bang Bang (2005) en sont des preuves vivantes. Ici encore, Ryan Gosling et Russell Crowe s’en donnent à cœur joie dans la peau de ces « gentils garçons » du titre. Un gros bras (Russel/Jackson Healy) plus smart qu’on ne le pense. Un détective privé bras cassé (au sens propre comme figuré, encombré de son plâtre comme Jack Nicholson de son pansement dans Chinatown), hâbleur et couard sur les bords. Il en a même perdu l’estime de son ado de fille (Angourice Rice), laquelle vient compléter la fine quipe, une fois n’est pas coutume. Elle incarnera le seul personnage adulte et sensé dans un monde de brutes épaisses, burlesques et viriles, décérébrées pour la plupart. Ce trio est la clé de voûte du film, alors que les autres personnages sont peu ou pas creusés et l’intrigue azimutée finalement totalement secondaire.

LE HOLLYWOOD TROUBLE DES ANNÉES 70. The Nice Guys offre une épopée dans un Los Angeles sale et clinquant, tout droit sorti des 70’s. Une époque qui nous arrive aujourd’hui parée des atours de l’interdit, du tout est permis. Où pourtant tout n’y était pas si rose si l’on en croit l’air pollué qu’on y respirait… En conséquence de ces références mêlées et contradictoires, on savoure au visionnage un grand divertissement qui s’autorise de belles les sorties de route, comme un hommage, une variation déjantée et ultra-référencée déclinée des grands polars américains des années 70. Une irrévérence salutaire à l’ère d’un cinéma désormais plus policé et normé.

DU PUR DIVERTISSEMENT ASSUMÉ. Alors même que cette période seventies ne recelait pas que des sentiments peace and love, Shane Black nous a confectionné une belle galerie de personnages singuliers tels qu’il les aime pour peupler son univers. Névrosés, atteints de grains de folie plus ou moins sévères. Hippies protestataires, un gamin obsédé, une ado rebelle qui croit faire œuvre de militantisme en tournant dans des pornos revendicatifs… Au final, on embarque dans une aventure urbaine, vintage et stimulante. Où l’on retrouve tous les bons tuyaux de Black, dans un esprit fun et vintage. C’est déjà pas si mal.

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La fiche

Titre français :

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Couleur / noir et blanc :

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Shane Black est le scénariste (à 23 ans !) de l’Arme Fatale, un film de Richard Donner (1987) tout à fait recommandé en famille dès 10 ans. Le mètre étalon du buddy movie. Avec Mel Gibson et Richard Donner.

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Les deux versions de True Grit (2010 par les frères Coen ou 1969 d’Henry Hathaway avec John Wayne) où l’on retrouve le trio des Nice Guys : une brute, un vantard, une jeune fille sensée.