KASSO, de Jacky Scwartzmann

Livre
Bien
Très bien
Un Must
Humour vache

Le pitch

« Depuis Regarde les hommes tomber, le film d’Audiard, tout le monde me demande si je suis Mathieu Kassovitz. Un jour, j’ai décidé de répondre oui. Et ça m’a ouvert beaucoup de possibilités ».

Jacky Toudic est le sosie de l’acteur. Il en a même fait son fond de commerce. Il revient à Besançon, sa ville natale, après une longue absence, pour veiller sur sa mère atteinte d’Alzheimer. Là, les affaires reprennent de plus belle. Une plume alerte sert ce polar drôlissime, irrévérencieux. Inattendu. Dès 15 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Parce que ce roman, court et incisif, vous laisse le sourire aux lèvres tout au long de sa lecture, grâce à un humour vache décapant. Car l’émotion y est tout aussi présente, sous la forme d’une douce nostalgie qui convoque les fantômes d’une enfance dans les années 80/90. Car Jacky Schwartzmann, l’auteur qui a connu mille vies avant d’écrire, sait croquer comme personne ses contemporains, avec affection, perspicacité et une pointe de cynisme réjouissant. Car les références cinématographiques sont nombreuses et savoureuses. Un polar narquois et gouailleur qui offre un vrai plaisir de lecture. Ce n’est pas à négliger.

LE SENS DE LA FORMULE.

« Maman n’est pas morte. Ce serait mieux pour tout le monde, à commencer par elle ».

« C’est un Guy Müller vieilli et fatigué qui nous ouvre. Il se force à sourire, le sourire triste d’un clébard chez le vétérinaire ».

« Je crois sincèrement qu’il faudrait un permis pour se trimballer avec un ego aussi démesuré »

« Niveau tête de con, il atteint la perfection d’une sculpture de Rodin ».

« Il sourit comme un type qui aime bien tuer les gens ».

« Dans superstition, il y a super. Voilà ce qu’il faut retenir ».

« Chacun son héritage culturel, chacun ses capacités, le grand bordel de la vie est inégal et injuste. Un peu comme dans un jeu de conquête du monde, y a celui qui débute avec les États-Unis, cet autre qui possède la Russie, et y a toi, à qui on a refilé Chypre ».

« La femme porte un vison, qui est une sorte de manteau en peau de pute ».

Si ce florilège vous parle, c’est que vous êtes mûr pour Kasso et Jacky Swatrzmann.

DES PIEDS NICKELÉS MAGNIFIQUES. L’auteur aime chacun de ses personnages au « cerveau persillé », ce qui nous les rend éminemment sympathiques, grâce au regard tendre qu’il pose sur eux, envers et grâce à leurs fêlures. Une mère qui pense que Nagui est son vrai fiston, que son vrai fils est son docteur, à qui elle demande de lui prescrire des pétards. Une amoureuse, Zoé, plus belle que nature avec son léger strabisme. C’est louche. Des potes d’enfance improbables. Parrain, médecin légiste, qui fait salon au milieu de ses clients. Yann, l’homme automate (je vous laisse lire le chapitre 3 pour comprendre quel est son job). Elder, le pote du pote, qui pense que le temps avance à l’envers. Le producteur de ciné véreux, libidineux, dépressif… Jacky Swartzmann sait parfaitement distribuer les rôles dans ce roman cinématographique gentiment vachard. Qui aime bien…

UNE SOCIÉTE EN PLEINE DÉROUTE. On voit apparaître en filigrane, derrière le récit abrasif, une société française qui en bave. Des losers magnifiques qui tirent le diable par la queue, des petites villes désertées de tout, des vieux en désespérance dans les ehpads. Vache et terriblement humain.

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