L’ENFER, de René Belletto

Livre
Bien
Très bien
Un Must
Ô Rage, Ô Désespoir

Le pitch

Lyon déserte, terrassée par la chaleur du mois d’août. Michel Solers, désespérément disponible et suicidaire, se morfond. Et soudain TOUT lui arrive. Il est entraîné dans une succession d’événements où se partagent l’amour, la mort, l’amitié. René Belletto a décidément une voix, un style.

Pourquoi je vous le conseille ?

Ce roman m’avait laissé un souvenir exceptionnel il y a 30 ans. A la relecture, je confirme, c’est toujours un petit bijou d’humour désabusé. Pour Michel donc, le narrateur si attachant, désorienté, fou d’amour. Pour la galerie de personnages originaux. Pour l’humour inimitable.

POUR MICHEL SOLERS, SÉDUISANT ÉCORCHÉ VIF DÉPRESSIF. C’est lui le narrateur, qui porte un regard désabusé plein d’humour sur le monde. Et on l’aime tout de suite beaucoup beaucoup. Désespéré, déshydraté, totalement barré, il se laisse porter par les événements. Grand spécialiste de Bach et (ex)pianiste talentueux devenu journaliste et critique sans vraie ambition ni envie. Et le ciel lui tombe sur la tête. Il nous emporte dans sa folie douce teintée de dépression, et on adore le suivre dans ses aventures improbables avec toute une galerie de personnages farfelus, plus grands que nature et tous terriblement attachants.

DANS LA CHALEUR DE L’ÉTÉ. C’est le personnage n°2 du roman. Pendant la lecture, on se sent les mains moites, avec le T-shirt qui colle. Elle influence les personnages, leurs humeurs, leurs réactions. « Le soleil avait chu, le ciel pâlissait, la nuit menaçait. Mais la chaleur restait collée aux hommes, les engluant et les oppressant. » Lyon étant le personnage n°3.

MAIS QUELLE POILADE ! Quel talent : arriver à décrire un état dépressif, tout en faisant rire. Il y a pas mal de digressions et de soliloques dans les romans de Belletto en général. Parfois, j’avoue, je lis en diagonale certains passages, mais le plus souvent c’est assez fendard. J’ai même ri franchement au comique de répétition dont il use et abuse. Des petits détails burlesques (la porte du frigo capricieuse, les morceaux de scotch qui se décollent sous l’effet de la chaleur, la chasse d’eau qui ne chasse plus grand chose …) tressent autant de fils rouges qui nous attachent – très fort – au récit et surtout au narrateur. Certains d’entre vous vont se lasser et perdre le fil, les autres y gagneront un plaisir de lecture unique.

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Péril en la demeure (1985) : très chouette adaptation de Sur la terre comme au ciel. De Michel Deville, avec Christophe Malavoye et Anémone – humour, rythme, dialogues. J’adore. Grand Prix de littérature policière.

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