LE CHEROKEE, de Richard Morgiève

Livre
Bien
Très bien
Un Must
Course contre la montre

Le pitch

1954, USA. Sur les hauts plateaux de l’Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un avion de chasse, sans aucune lumière. Et sans pilote. L’armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il prend cher : le tueur en série qui a assassiné ses parents réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Entre le western et le polar gore, un roman noir et tendre.

Pourquoi je vous le conseille ?

Pour Nick Corey, le shérif orphelin et solitaire que rien n’arrêtera dans sa quête. Pour l’atmosphère unique, très noire, avec des éclairs de poésie. Pour l’Amérique des « fifties », la reconstitution d’une époque, en proie aux théories complotistes, à la peur du Rouge, aux superstitions de tous horizons y compris cosmiques, au racisme ordinaire. La découverte de tout un univers de déclassés.

POUR NICK COREY. Morgiève a donné à son héros le même nom que le shériff pervers de Jim Thompson dans Pottsville, 1 280 habitants. Clin d’œil et référence sûrement. Mais ce Nick Corey-là n’a rien à voir. Ce Shérif-ci est un orphelin hanté par son enfance brisée par le meurtre de ses parents. C’est un alter ego de l’auteur qui a lui-même perdu très jeune les siens. Un héros taiseux, solitaire, écorché vif, en quête d’amour et rongé par la culpabilité.  Et cela le rend bien attachant finalement.

LA PARANOÏA DES ANNÉES 50 AMÉRICAINES.  Où on découvre une Amérique en proie aux complots, des flics vraiment pas clairs, des agents du FBI comme s’il en pleuvait, des martiens et des soucoupes volantes, des cadavres à la pelle, des indiens mystiques (cf le titre) … C’est presque une parodie, qui oscille entre le western et le polar bien noir. Mais finalement ça fonctionne et on suit Nick fiévreusement, pas à pas, dans sa course contre la montre, et où la petite dose surnaturelle arrive même à nous faire sourire.

LE STYLE ET L’ATMOSPHÈRE. Certains seront déroutés, voire découragés, à la lecture des premières pages. Une intrigue qui semble improbable, à la limite du pastiche. Un héros comme une caricature du flic hard boiled/dur à cuire typique des polars de l’après-guerre. Mais pour ceux qui iront au-delà de ces apparences, vous découvrirez une belle écriture qui réserve des passages d’une grande poésie.

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Cimetière d’étoiles (2020), la suite acide (et sous acide) du Cherokee. Par l’un des plus américains de nos auteurs français. Brut de décoffrage.

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Sur le thème des tueurs en série, biblio très sélective :

L’Aliéniste (The Alienist, 1994), le grand classique de Caleb Carr, dans le genre Jack L’Eventreur. Grand prix de littérature policière et le prix Mystère de la critique.

Un tueur sur la route (Killer on the road, 1986) , roman de James Ellroy. Tout est dans le titre.

Le parfum, histoire d’un meurtrier (Das Parfum, die Geschichte eines Mörders, 1985), de l’‘écrivain allemand Patrick Süskind. Enorme succès. Les plus de 50 ans se souviennent des aventures macabres de Jean-Baptiste grenouille.

Le silence des agneaux (The silence of the lambs, 1991), grand classique du film de serial killer, réalisé par Joathan Demme. Avec Jodie Foster et Anthony Hopkins.

Seven (Seven, 1996), film de David Fincher avec Brad Pitt, Morgan Freeman, Kevin Spacey et Gwyneth Paltrow. Unautre  monument du genre serial killer.