LA PROIE, de Deon Meyer

Livre
Bien
Très bien
Un Must
L'héritage dilapidé de Mandela

Le pitch

Au Cap, deux inspecteurs de la brigade des Hawks (Les Faucons, unité d’élite de la police sud-africaine), enquêtent (malgré les fortes pressions contraires) sur la mort d’un ancien membre de leurs services.
Dans le même temps, à Bordeaux, un ancien combattant de la branche militaire de l’ANC mène une vie modeste et clandestine pour oublier et se faire oublier. Or, par une belle journée d’août, un ancien camarade de lutte réapparait. Deux histoires au service d’une même intrigue. Un coup de gueule contre la corruption du pouvoir à tous les étages. Du très bon Deon Meyer. A partir de 15 ans. 

Pourquoi je vous le conseille ?

Car ce thriller d’espionnage de grande qualité fait le constat amer d’une nation qui a perdu de vue ses idéaux. Car La Proie, sorti en 2018 en Afrique du Sud, dénonce, sans le nommer mais sans ambiguïté, l’ancien chef de l’Etat Jacob Zuma, issu des rangs de l’ANC. Il démissionnera cette ­même année après un règne entaché de scandales. Parce que c’est un roman politique fort et courageux.

UNE CONSTRUCTION DE RÉCIT ORIGINALE.  Deux histoires parallèles se dévoilent progressivement pour nourrir une même intrigue tout au long d’une narration subtilement construite en miroir. Ce thriller mâtiné d’espionnage, relativement lent dans son rythme, réussit à capter notre attention grâce à une action constamment relancée, d’un bout à l’autre de la planète. Ces deux histoires qui finissent par n’en faire qu’une nous racontent de quelle manière a sombré l’Afrique du Sud post Mandela.

UNE SOCIÉTÉ CORROMPUE JUSQU’A L’OS. Deon Meyer, subtil observateur du système politique de son pays, est un homme désespéré et très en colère qui dénonce ici (sans la nommer) la présidence calamiteuse de Jacob Zuma (2009-2018). Son système corrompu voit les élites de tous bords et les grandes Puissances – la Chine et la Russie de Poutine en premier lieu – capter toutes les richesses de l’Etat au détriment d’une population qui porte la culpabilité de cette trahison à l’égard de l’héritage de Mandela. Dans ces circonstances, comment trouver un sens à sa vie, à son travail ? Existe-t-il une possibilité de rédemption collective ? Telle est la question que nous pose l’auteur.

LE RETOUR DE SES DEUX PERSONNAGES EMBLÉMATIQUES. Pour son 12ème roman, l’un des auteurs de polars sud-africains parmi les plus populaires, nous ramène auprès de ses deux flics si attachants, Benny Griessel et Vaughn Cupido. Ils sont fragiles, en plein doute, otages d’une situation politique qui affecte leur métier de manière profonde et radicale. On se surprend à ressentir pour eux une empathie réelle et on a plaisir à suivre leur évolution d’un roman à l’autre.

Partager :
FacebookTwitterEmail

La fiche

Auteur(s) :

Titre français :

Titre original :

Date de publication originale :

Date de publication en France :

Éditeur :

Traduction :

Où se procurer

Si vous avez aimé, découvrez du même auteur

Dans la série des  Benny Griessel :

  • Infanta (Afrikaans 2005) – Devil’s Peak (Anglais, 2007), publié en français sous le titre Le Pic du Diable, traduit de l’anglais par Estelle Roudet.
  • 13 Uur (Afrikaans 2008) – 13 Hours (Anglais 2010) – Prix Barry du meilleur thriller 2011. Publié en français sous le titre 13 heures, traduit de l’anglais par Estelle Roudet.
  • 7 Dae (Afrikaans 2011) – Seven Days (Anglais 2012). Publié en français sous le titre 7 jours, traduit de l’anglais par Estelle Roudet,
  • Kobra (Afrikaans 2013) – Cobra (Anglais 2014). Publié en français sous le titre Kobra. Publié en français sous le titre 13 heures, traduit de l’anglais par Estelle Roudet.
  • Ikarus (Afrikaans 2015) – Icarus (Anglais 2015), publié en français sous le titre En vrille, traduit de l’afrikaans par Georges Lory.
  • Die vrou in die blou mantel (Afrikaans 2017) – The Woman in the Blue Cloak (Anglais 2018). Publié en français sous le titre La Femme au manteau bleu, traduit de l’afrikaans par Georges Lory.

Autres romans, biblio sélective :

  •  Feniks (Afrikaans 1996) – Dead Before Dying (Anglais 1999) – Grand prix de littérature policière 2003. Publié en français sous le titre Jusqu’au dernier, traduit de l’anglais par Robert Pépin
  • Orion (Afrikaans 2000) – Dead at Daybreak (Anglais 2000) – Prix Mystère de la critique 2004. Publié en français sous le titre Les Soldats de l’aube, traduit de l’anglais par Robert Pépin.
  • Proteus (Afrikaans 2003) – Heart of the Hunter (Anglais 2003). Publié en français sous le titre L’Âme du chasseur, traduit de l’anglais par Estelle Roudet.