LA FEMME AU MANTEAU BLEU, de Deon Meyer

Livre
Bien
Très bien
Un Must
Le tableau du peintre flamand

Le pitch

Une (courte) enquête du tandem de choc de la police criminelle sud-africaine des Hawks, ici confronté à un trafic d’œuvres d’art du XVIIe siècle. Une échappée belle pour Deon Meyer qui s’amuse avec ses personnages récurrents et dévoile sa curiosité à l’égard du monde de l’art. Une friandise qui se déguste, en moins de 200 pages. Même pour nos ados, dès 15 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Pour notre duo gagnant, Benny Griessel-Vaughn Cupido, toujours aussi truculent, bourré de charme et de contradictions. Car un Deon Meyer, même court et apparemment modeste, procure un grand grand plaisir. Pour faire un voyage en Afrique-du-Sud qui s’avère toujours riche d’enseignement. Car comme beaucoup, j’attache une importance particulière à l’atmosphère, à l’exotisme, aux dialogues savoureux, à l’humour et à l’empathie du grand Deon Meyer pour ses personnages.

POUR BENNY ET VAUGHN. Nos deux inspecteurs, le doux et l’amer. Des super flics inséparables que tout oppose, membres éminents de la brigade criminelle des Hawks. Benny Griessel, ex-alcoolique tombé amoureux d’une femme qu’on devine sublimement belle, et riche, donc trop bien pour lui. Ici en pass de se marier et ça lui créé du souci. Vaughn Cupido, l’homme au sang chaud qui a la fâcheuse habitude de s’en prendre UN PEU vivement aux témoins. Deux compères dont les dialogues existentiels méritent à chaque fois le détour.

ET POUR TOUS LES AUTRES PERSONNAGES. Deon Meyer a l’art de croquer des personnages hors du commun, dont on se souvient alors même qu’ils n’ont été évoqués qu’au cours de quelques paragraphes.  Un couple de fermiers amateurs d’art. Un détective au nom improbable de Billy De Palma, ex-flic, viré pour comportements douteux et possiblement criminels. Un vieux professeur remonté comme un coucou, volubile à l’excès. Des trafiquants d’objets volés en tous genres. Et même un responsable du Fond de conservation des léopards du Cap. Des personnalités remarquables qui contribuent à l’arrière-plan social, politique et racial de tout bon roman de Deon Meyer qui se respecte.

 UNE HISTOIRE (DE L’ART) HOLLANDAISE. Dans cette nouvelle aventure (moins engagée que d’habitude), nos deux flics du Cap explorent un nouveau territoire, le monde de l’art. Ils découvrent, éberlués, l’existence d’un peintre hollandais du XVIIe siècle, Carel Fabritius (également évoqué dans Le Chardonneret, Prix Pulitzer 2014, de la brillante romancière américaine Donna Tartt). La victime s’avérant être une experte américaine en peinture de l’âge d’or hollandais spécialisée dans la traque des tableaux perdus, volés. Ni la peinture ni la littérature ne font partie de l’univers habituel de Griessel et Cupido, ils se prennent pourtant au jeu et tombent sous le charme magnétique de cette Femme au manteau bleu, apparemment au cœur de l’intrigue. Fait rare, dans ce roman court et délectable, l’auteur sud-africain ne nous parle pas directement de l’actualité de son pays. Pas non plus du passé récent de l’Afrique du Sud depuis l’Apartheid, mais plutôt de son passé plus lointain, de son passé européen. Des racines hollandaises de la nation arc-en-ciel évoquées par le biais de l’art, témoin toujours vivace des liens culturels et historiques unissant l’Afrique du Sud contemporaine aux colons néerlandais au XVIIe siècle. Un voyage dans le temps et l’espace, des décors somptueux du Cap à ceux moins glamours de la ville hollandaise de Delft à moitié détruite en 1654, qui finit par nous ramener irrémédiablement au présent. Comme toujours chez notre auteur Sud-Africain.

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À découvrir ailleurs, dans la même ambiance

Le Chardonneret, de Donna Tartt (2014, Prix Pulitzer). Editions Pocket. Traduit de l’Américain par Edith Soonckindt. Theo Decker a 13 ans. Il vit les derniers instants de sa vie d’enfant. Survivant miraculeux d’une explosion gigantesque en plein New York, il se retrouve seul dans la ville, orphelin, et se réfugie chez les parents d’un ami pour échapper aux services sociaux. Tout ce qui lui reste de sa mère, c’est une toile de maître minuscule qui va l’entraîner dans les mondes souterrains et mystérieux de l’art.