JE MOURRAI PAS GIBIER, de Guillaume Guéraud

Livre
Bien
Très bien
Un Must
Folie meurtrière

Le pitch

Dans un village isolé, un jeune ado pète les plombs et massacre un bon paquet de personnes, en représailles de tout et de rien. Un roman sur la révolte violente et insoupçonnée d’un adolescent contre son milieu, raconté à la première personne. Un récit coup de poing (ultra) sombre à ne pas mettre entre toutes les mains. À partir de 13/14 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Un roman qui défie les lois du genre. Un style sobre, dopé aux phrase courtes, qui nous laisse sous tension permanente. Un auteur décidément très à part dans la littérature jeunesse.

L’HISTOIRE D’UN LIEU. Un village isolé. Une communauté repliée sur des rancœurs qui se transmettent d’une génération à l’autre. Un village coupé en deux sans raison apparente mais où tous les habitants sont rongés par la même cruauté et la même bêtise. Pour à cette vie avilissante ne peut passer que par le drame absolu. Du moins c’est ce que nous explique le narrateur, apparemment sain de corps et d’esprit, mais qui étouffe de colère et d’amertume. Une insoumission qui finira par coûter cher, mais qui ne cherche aucune excuse et qui ne montre aucun signe de culpabilité. « Je ne peux plus faire de mal à personne, maintenant. Même pas à moi. Ils m’ont ôté mes lacets et ma ceinture. Ils ne tiennent pas à ce que je me foute en l’air. Mais, n’importe comment, il y a toujours un moyen. Le plus pratique aurait été avec le fusil que j’ai utilisé pour dégommer tout le monde. J’avais d’ailleurs prévu de conserver deux cartouches pour ma pomme. Sauf que, j’ai dû me laisser emporter par l’euphorie, je les ai toutes tirées. »

UN STYLE direct, qui va à l’essentiel. Les phrases sont courtes, sans fioritures pour nous asséner toute la violence en pleine figure, sans prendre de gants. Avec des abréviations et des tournures de phrases empruntées à l’oral qui accentuent l’impression d’urgence et la tension. Avec même de temps à autre une trace d’humour qui souligne la finesse de ce garçon qui finit par voir tellement rouge qu’il en perd la tête. « Je me suis bien jeté par la fenêtre, à la fin, mais du premier étage ça risquait pas grand-chose, je me suis juste déboîté un genou, ça m’a servi à rien d’autre qu’avoir mal. »

UNE FORCE RARE. Ce roman (très) noir démonte la mécanique d’un assassinat familial dans un récit radical, très loin des normes traditionnelles de la littérature ado que l’on souhaite trop souvent didactique aux dépens du romanesque. Autant vous prévenir, ce court roman, poignant et implacable, ne laisse pas indifférent. Sans détours ni complaisances, avec certaines scènes d’une grande violence, on comprend mieux l’intention de l’auteur qui déclarait s’être inspiré de La Horde Sauvage (The Wild Bunch, 1969) de Sam Peckinpah. Un indice chez vous…

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Déroute Sauvage (2009). Encore un stade plus haut dans l’échelle de la violence. L’histoire sanglante de jeunes lycéens partis en voyage scolaire.