SCARFACE, de Howard Hawks

Film
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Un Must
L'apogée du film de gangsters

Le pitch

Chicago dans les années 20. Tony Camonte, jeune émigré italien, part à la conquête de la ville en semant la mort sur son passage. Film inspiré de la vie d’Al Capone, d’après le livre éponyme d’Armitage Trail. En bonus, un twist inspiré de la famille des Borgia, à la demande de Hawks. Ben Hecht au scénario. WR Burnett aux dialogues. Howard Hugues à la production. De grands nom pour un très grand classique (tourné en 11 jours !). Incontournable. Dès 12 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Pour l’audace et la modernité bluffante. Pour le rythme rapide et elliptique impulsé par Hawks. Pour Paul Muni qui, grâce à son jeu animal et instinctif, donne vie à un Tony Camonte tragique et ambigu.  Pour la classe de George Raft, le bras droit, le tueur, qui jette sans cesse en l’air une pièce de monnaie (les assassins mettaient une pièce de 5 cents dans la main de leur victime en marque d’irrespect). Parce que c’est un chef d’œuvre tout simplement.

UN HÉROS DE TRAGÉDIE. Au-delà de la grande violence – inédite – qui imprègne le film, Scarface donne naissance à un personnage tragique. En se référant aux Borgia, Hawks offre au gangster un rôle de héros romantique, acceptant la mort – presque avec soulagement – puisque tout amour lui est impossible car incestueux. On se demande toujours comment cet « éléphant dans la pièce » a pu échapper à la censure du Hays Office. Pour seule concession, le film est sorti affublé d’un  sous-titre rassurant qui rappelle au peuple que Tony Camonte représente le Mal : Scarface, la honte d’une nation/the shame of a nation.

UNE SYMPHONIE DE SANG ET DE MORT. Ce qui différencie Scarface du Petit César (Little Caesar, Mervyn Leroy) ou de L’ennemi public (Public Enemy, William Wellman) qui sont contemporains, c’est le rythme effréné, l’enchaînement de violences, les morts ininterrompues qui se succèdent sans même prendre le temps de commenter la société ou de donner des leçons de morale. En cela, Scarface est d’une folle modernité. On y retrouve par ailleurs beaucoup de figures de style emblématiques du film noir qui émergeront la décennie suivante : coups de feu dans la nuit, crépitement des mitraillettes, corps qui tombent d’une voiture qui roule au ralenti, impasses sombres et tragiques…

LA FIN D’UNE ÈRE. Le film a mis un an à sortir (le temps pour Hugues de mener moults procès) et rencontra un immense succès. Les gansters vont ensuite céder la place aux G.men. (Government men). Ou comment la loi va reprendre le dessus afin de relever le « niveau moral » de la production. Ce magnifique film de gangsters en sera donc le chant du cygne.

Le petit plus : repérez tous les « X » présents à l’image (« X » marquant sur les photos des journaux, l’emplacement des cadavres) et vous aurez le compte exact du carnage.

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La fiche

Titre français :

Titre original :

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Couleur / noir et blanc :

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Où se procurer

Si vous avez aimé, découvrez du même auteur

Howar Hawks (1896-1977) est un réalisateur majeur de la période faste Hollywoodienne des années 30 à 50. Surtout connu pour ses films d’aventure et ses comédies enlevées qui écorchaient gentiment au passage les travers des hommes. Filmo très sélective

Des films d’aventures :

  • Seuls les anges ont des ailes (Only angels have wings, 1939). Avec Cary Grant et Jean Arthur.
  • Le Port de l’Angoisse (To have and have not, 1944),  où Hawks découvrit la sublime Bacall. D’après Ernest Hemingway.

Des comédies cultes :

  • L’Impossible Monsieur Bébé (Bringing Up Baby, 1938). Avec Katherine Hepburn et Cary Grant.
  • Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes, 1953). Avec Maryline Monroe et Jane Russel. 

De grands westerns :

  • La Captive aux yeux clairs (The big sky, 1953). Avec Kirk Douglas et Elizabeth Threatt.
  • Rio Bravo (1959). On ne présente plus ce grand classique. Avec John Wayne, Angie Dickinson, Ricky Nelson et Dean Martin.

 

À découvrir ailleurs, dans la même ambiance

L’ennemi public  (The Public Enemy), 1931 Etats-Unis. Film réalisé par William A. Wellman, 1h20. Scénario de Kubec Glasmon, John Bright, Harvey Thew. NB. Avec James Cagney, Edward Woods, Jean Harlow, Joan Blondell.

Le petit César (Little Caesar), 1931, Etats-Unis. Film réalisé par Mervyn LeRoy, 1h18. Scénario de Darryl F. Zanuck, Francis Edward Faragoh, Robert Lord, Robert N. Lee. Avec Edgar G. Robinson, Douglas Fairbanks, Glenda Farrell.

Pour tout comprendre sur le film noir, lire l’ouvrage de référence de François Guérif (mon idole !) : Le film noir américain (1986, Artefact) Une source infinie de détails sur les oeuvres issues du genre, et d’analyses passionnantes.

Enfin le Scarface réalisé par Brian de Palma en 1983 vaut le détour. Une version  trash, où Tony Camonte devient Tony Montana, tueur cubain qui gravit rapidement les échelons du trafic de drogue en Floride. Avec Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Steven Bauer et Mary Elizabeth Mastrantonio.