LONE STAR, de John Sayles

Film
Bien
Très bien
Un Must
Un nouveau western

Le pitch

Dans une petite ville texane proche de la frontière avec le Mexique, on retrouve l’étoile et les ossements du shérif Charlie Wade mystérieusement disparu 37 ans plus tôt. Le shérif en fonction, personnellement impliqué, mène l’enquête. Un polar, western, film noir, drame intime, enquête sociologique, reflet d’une certaine histoire de l’Amérique : Lone Star c’est tout ça à la fois. Et plus encore. Dès 15 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Parce que John Sayles est un réalisateur aussi modeste que précieux, dont l’œuvre interroge l’histoire d’une Amérique fragile et profondément humaine. Car Chris Cooper, acteur fétiche du réalisateur, est aussi laconique que touchant. Pour apercevoir 2 minutes la bombasse Matthew McConaughey, tout jeunot, avec déjà une dégaine de star.

LA FRONTIÈRE. C’est le thème central du film et Frontera, le nom du patelin perdu du Texas où se déroule l’enquête, au bord d’une rivière à deux patronymes, Rio Bravo / Rio Grande. Un pays désertique et pierreux, si proche et si loin d’un autre monde, le Mexique. Lone Star est un polar texan qui questionne l’histoire officielle de l’Amérique, fondée sur un énorme péché originel caché à l’ombre d’un racisme bien intégré. Le shérif en charge de l’enquête doit lui-même franchir toutes sortes de frontières – de race, de sexe, de culture, de génération – avant de réussir à dénicher une vérité bien enfouie.

UN PUZZLE HUMAIN. Le shérif Sam Deeds est d’autant plus obstiné et investi dans son enquête que son propre père était le principal suspect à l’époque des faits. Il soulève minutieusement les petites histoires individuelles de part et d’autre du Rio Grande, pour renouer avec le passé et reconstituer le fil des événements, découvrant progressivement les pans cachés de sa ville. Et de sa vie. Lone Star est un puzzle policier et intime où chaque pièce finit par trouver sa juste place et éclairer d’un jour nouveau les drames du présent. Avec beaucoup d’humanité et de subtilité, Sayles traite tous ses personnages, principaux et secondaires, avec la plus grande attention, ce qui contribue à la richesse de ce grand carnaval familial et humain.

UNE HISTOIRE DE COMMUNAUTÉS. John Sayles est un réalisateur politique, indépendant, à la marge du système mais au cœur de la vie. Sa filmographie propose une autre histoire des Etats-Unis, profondément humaine donc fragile. Lone Star est un nouveau genre de western, sans indiens ni conquête de l’Ouest, mais avec une guerre ancestrale, qui oppose des communautés voisines. « Deux villes de chaque côté de la frontière ont plus de choses en commun que des villes plus éloignées dans chaque Etat », déclare John Sayles. Or, le racisme et les frontières mentales sont toujours là et bien là. La menace d’un grand mur n’est jamais vraiment loin. On aurait tort de l’oublier.

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La fiche

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Couleur / noir et blanc :

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