DANS LA CHALEUR DE LA NUIT, de Norman Jewison

Film
Bien
Très bien
Un Must
Film noir sur fond blanc

Le pitch

En 1967 dans la moiteur étouffante d’une petite ville du Mississippi (dans le Sud Profond et raciste), à peine trois ans après l’adoption de la loi sur les droits civiques censée mettre fin à la ségrégation raciale aux États-Unis. Un flic est confronté aux pulsions humaines les plus sombres alors qu’il tente d’assister le shérif local dans l’élucidation d’un crime. Pourquoi ? Il est noir. Une tension permanente. Édifiant. Un classique. Dès 8 ans.

Pourquoi je vous le conseille ?

Parce que ce grand classique est un polar antiraciste indispensable pour tous, petites et grands, de tous horizons, de toutes les couleurs. Car Sidney Poitier et Rod Steiger forment un des couples les plus électriques du cinéma. Car il nous parle de maîtrise de soi, de respect à l’égard de tous ceux qui ne nous ressemblent pas. Car Norman Jewison est un cinéaste engagé qui, s’il n’est pas un metteur en scène hautement audacieux, nous offre ce classique d’un immense intérêt dramaturgique, politique et sociologique.

LE RACISME COMME MODE DE VIE. Un homme venu dans le Sud raciste des Etats-Unis pour rendre visite à sa mère, se fait embarquer par la police comme suspect d’un meurtre pour la seule raison qu’il est noir de peau. Dans la chaleur de la Nuit est un film qui dénonce le racisme aveugle à une époque (pas si lointaine) où aux Etats-Unis un hommes noir de peau risquait sa vie pour un oui ou pour un non. De manière totalement arbitraire. Une région du Sud des Etats-Unis où il était inconcevable pour un flic noir d’interroger un blanc, de lui répondre coup pour coup. Où porter un badge officiel ne suffisait pas à vous protéger de l’hostilité voire des menaces de mort des populations. Il suffisait alors pour un blanc de plaider la légitime défense pour justifier de l’assassinat d’un noir et ainsi s’en tirer à très bon compte. Cible de moqueries permanentes, d’agressions, l’officier de police Virgil Tibbs a bien du mal à faire son travail de ce côté-ci de l’Amérique. Édifiant.

FLICS AVANT TOUT. Virgil Tibbs, élégant expert en criminologie à Philadelphie et Bill Gillespie, shérif de la médiocre police locale, nourrissent une immense méfiance l’un à égard de l’autre. Ils passent le plus clair du film à se tourner autour pour mesurer leurs compétences et déterminations réciproques. L’un, flegmatique et éduqué ; l’autre, colérique et mal dégrossi. Et pourtant ils se retrouvent sur un même terrain commun. Ils sont flics, fiers et solitaires, et veulent aller au bout d’une enquête en milieu hostile où chacun y laissera une partie de ses préjugés. Le personnage de shérif incarné par Rod Steiger (maintes fois récompensé) est ainsi beaucoup plus complexe qu’il n’y parait au premier abord.

UNE BANDE ORIGINALE AU DIAPASON. La voix chaude de Ray Charles nous cueille dès le générique In the Heat of the Night, sur une partition de Quincy Jones qui mêle les influences variées qui ont bercé les rives du Mississippi – Jazz, rhythm’n’blues, country… Une musique qui ne connait pas le racisme et accepte tous les courants.

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La fiche

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Couleur / noir et blanc :

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Compte tenu du succès remporté par Dans la chaleur de la nuit, Sidney Poitier accepta de reprendre son rôle du détective Virgil Tibbs dans deux autres films : Appelez-moi Monsieur Tibbs ! (1970) et L’organisation (1971).

Autre film à voir avec cet acteur charismatique et élégant : Graine de violence (Blackboard jungle, 1955). Les rapports difficiles entre un professeur et ses élèves dans un centre professionnel. Ce film introduisit le Rock ‘n’roll en France et le célèbre tube « Rock around the clock ». Avec aussi Glenn Ford, Anne Francis, Louis Calhern.

Le canadien Norman Jewison a signé d’autres films où l’on retrouve certaines thématiques déjà présentes Dans la chaleur de la nuit.

Dans le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid, 1965), on y retrouve une l’ambiance sudiste moite et interlope. Ici dans le milieu du poker. Avec Steve McQueen.

Dans L’Affaire Thomas Crown (The Thomas Crown Affair, 1968), on retrouve les mouvements de caméra stylisés et le rôle clé de la musique. Avec Steve McQueen, Fayye Dunawaye, et la partie d’échecs la plus glamour du cinéma.

Roller Ball (1975) Une dystopie (située en 2018 !) où les hommes d’affaires ont remplacé les hommes politiques et où les grandes multinationales font désormais la loi. Fantastique. Avec James Caan, John Houseman, Maud Adams.

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La Poursuite Impitoyable (The Chase, 1966). Film américain d’Arthur Penn, avec Marlon Brando, Robert Redford, Jane Fonda, Angie Dickinson, Robert Duvall. Au Texas, le retour d’un évadé de prison dans sa ville natale déchaîne les passions. Le shérif se promet de trouver le fugitif avant que la foule ne s’en empare.